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Je regarde les sternes de la Loire s’envoler pour Saint-Nazaire.
Psychologue à Tours 100% tourangelle
Née dans le Petit Paris, j’accompagne en ma qualité de psychologue à Tours chaque jour des tourangeaux·elles dans mes cabinets de centre-ville depuis plusieurs années désormais.
Il y a quelque chose de particulier à exercer dans la ville où on a grandi. Je connais les rues, les coins tranquilles, les coins stressants. Je sais ce que c’est de faire ses études ici, de rater le dernier tram, de regarder la Loire depuis les quais un soir de juin en se demandant ce qu’on va faire de sa vie.
Ça fait maintenant plus de cinq ans que je reçois des patient·e·s dans mon cabinet à Tours centre — d’abord avenue de Grammont, puis aussi rue du Plat d’Étain, à Rabelais. Cinq ans à écouter des Tourangeaux·elles, natif·ves et nouveaux·elles, qui gèrent leur stress de manière anarchique, comme la ligne 2 de tramway.
Avec mon expérience, j’ai pu remarquer plusieurs problématiques fréquentes chez les Tourangeaux, liées directement à la ville de Tours. Je vous les expose ici.
La désillusion étudiante, et du début de la vie adulte
40 000 étudiant·e·s. C’est un·e habitant·e sur trois. Et pourtant, quand iels poussent la porte d’un cabinet de psychologue à Tours pour la première fois, beaucoup arrivent avec la même phrase : « Je pensais que c’était réservé aux gens qui allaient vraiment mal. »
Ce que je vois le plus souvent, c’est la fin d’études. Pas la dépression clinique, pas la crise aiguë — quelque chose de plus diffus et peut-être plus difficile à nommer : la pression de « devoir savoir ce qu’on veut faire de sa vie » à 22 ans, le vertige qui vient quand le cadre des études disparaît et que la vie réelle commence à peser.
Selon la thérapie des schémas, ces jeunes-là ont souvent des schémas d’exigences élevées qu’iels n’ont jamais interrogés — iels ont toujours bien travaillé, bien performé, et soudainement ça ne suffit plus. La thérapie les surprend souvent : iels s’attendaient à parler de leur avenir professionnel et on finit par parler de leur enfance.

Puis, viennent les premiers emplois. En tant que psychologue à Tours, je vois souvent en cabinet les 25-30 ans dans leurs premières années de vie professionnelle, qui ont eu leur diplôme, leur CDI, leur appartement — et quelque chose ne va pas. Pas de mot précis pour le dire. Juste ce sentiment que « ça devrait être mieux que ça« .
C’est souvent le moment où les schémas se réactivent de façon visible pour la première fois. Le cadre protecteur des études a disparu. Les relations professionnelles n’ont pas la bienveillance des relations étudiantes. Le regard des managers, les conflits de bureau, la difficulté à s’affirmer — tout ça active des choses qui dormaient depuis l’enfance, comme la peur du rejet.
Les gens jeunes qui viennent consulter tôt s’évitent souvent des années de souffrance inutile. Je le dis sans détour à ceux qui hésitent : venir à 27 ans plutôt qu’à 45, c’est un cadeau qu’on se fait à soi-même.
Vous n’étiez pas venu·e·s ici pour souffrir, ok…
Les globe-trotters Paris-Tours
Tours est à 1h de Paris en TGV. Depuis les années COVID-19, j’en vois de plus en plus : des cadres, des fonctionnaires d’Etat, des ingénieur·e·s, des profils RH ou marketing qui ont décidé de « changer de vie » en s’installant à Tours pour gagner en qualité de vie, ou qui n’ont réussi à trouver de travail dans leur niche uniquement dans la Ville Lumière.
Ce qu’iels n’avaient pas prévu : on n’emmène pas avec soi que ses meubles. On emmène aussi ses schémas.
Si ce fonctionnement peut correspondre à certain·e·s, d’autres ont plus de mal à se séparer en deux. Les allers-retours peuvent provoquer énormément de fatigue, voire faire frôler le burn out.
Nous allons alors devoir travailler sur le schéma d’idéaux exigeants certes, le schéma d’échec, mais aussi sur la nouvelle routine à développer, comment s’occuper de soi et transformer cette contrainte professionnelle en une opportunité.
Et iels ne font même pas partie de Grand Voyageur le Club !
Les soignant·e·s : celleux qui prennent soin de tout le monde sauf d’elleux.
Tours est une ville médicale. Le CHU, les cliniques, les cabinets libéraux, les EHPAD… Infirmier·ère·s, aides-soignant·e·s, psychologues, kinés — je reçois beaucoup de soignant·e·s. Et il y a quelque chose de particulier dans ces consultations.
Iels connaissent souvent déjà les mécanismes psychologiques. Iels savent ce qu’est un burn-out, ils ont lu des articles sur la gestion du stress. Et pourtant iels n’ont pas consulté avant — parfois pendant des années — parce qu’une conviction implicite leur disait que « s’occuper de soi » était une forme de faiblesse incompatible avec leur métier, iels pouvaient encore tenir la barque.
C’est un schéma d’abnégation classique : je prends soin des autres, pas de moi. Je donne, je ne reçois pas. Accepter de l’aide, c’est presque transgresser une identité professionnelle entière. Avec les soignant·e·s, il est souvent essentiel de travailler sur les croyances limitantes.
Ces patient·e·s-là progressent vite en thérapie. Iels sont souvent rigoureux·ses, introspectif·ves, capables de faire des liens rapidement. Ce qui prend du temps, c’est leur apprendre à se donner la permission d’être à leur place — celle de patient·e, pas de soignant·e.
Comme on l’entend souvent : on ne donne que ce qu’on a.
Et non. Iels n’en avaient rien à faire d’être applaudi·e·s à 20h.
Les enseignant·e·s et AESH : toujours invisibilisé·e·s
Dans ma carrière de psychologue à Tours, je crois que ce sont les métiers que j’ai le plus reçu.
Tours est une ville d’enseignement, dotée de multitude d’écoles, collèges, lycées, université, et de l’ESPE.
Leur profil ressemble à celui des soignant·e·s. Iels donnent énormément, s’investissent, portent leurs classes. Et iels rentrent le soir avec ce sentiment étrange d’être à la fois débordé·e·s et invisibles.
Ce qui les amène en cabinet, c’est rarement un événement isolé. C’est l’accumulation. La réforme de trop, la classe de trop, le manque de reconnaissance de trop. Le corps qui dit stop avant que la tête ait décidé quoi que ce soit. Il y a une envie d’éviter un burn out, peu reconnu par l’institution.
Ce que j’observe, c’est souvent un schéma d’abnégation couplé à un schéma d’idéaux exigeants — iels se sont lancé·e·s dans l’enseignement avec une vocation, une idée de ce que ça devrait être. Et la réalité du métier aujourd’hui frotte très fort contre cette idée. La thérapie leur permet de distinguer ce qui appartient au système — et sur quoi ils n’ont pas prise — de ce qui leur appartient à elles et eux.

En même temps, qui survivrait à 8 nouveaux « boss » en 9 ans ?
Psychologue à Tours un jour, Psychologue à Tours toujours ?
Quand j’ai ouvert mes cabinets avenue de Grammont et place Rabelais, je n’avais pas prévu à quel point le fait d’être d’ici impacterait les problématiques que les patient·e·s m’apportent, ainsi que la relation thérapeutique.
En effet, je ne suis pas étrangère à leur ville. Je connais les mêmes rues, j’ai peut-être fréquenté les mêmes endroits. Cela m’aide souvent à mieux comprendre leur environnement, à m’imager les scènes qu’iels me racontent.
En outre, les problématiques humaines — les schémas, les blessures, les répétitions — sont universelles. Mais elles s’incarnent toujours dans un contexte précis, une vie précise, une ville précise. Tours impacte les problématiques de par son économie, sa position géographique, sa démographie. Sûrement que je n’aurai pas tout-à-fait la même pratique si j’étais à Charleville-Mézières, à Toulouse, ou à Villeperdue.
Et vous, dans tout ça ?
Si vous lisez cet article depuis Tours ou les alentours — depuis votre bureau avenue de Grammont, votre appartement étudiant près de la fac des Tanneurs, votre maison à colombages – peut-être que quelque chose de ce que j’ai écrit vous a parlé.
J’ai hâte de voir comment les problématiques tourangelles ma pratique vont évoluer dans les prochaines années !
Je suis Sandra Da Silva, psychologue en cabinet et en visio à Tours, pratiquant la thérapie des schémas. Je partage sur mes réseaux des sujets du quotidien en lien avec la psychologie et mon métier.
