Thérapie pour soigner le traumatisme : EMDR ou thérapie des schémas ? Et si vous faisiez les deux !

thérapie traumatisme tours

L’EMDR suffit-elle comme thérapie pour soigner le traumatisme ?

L’efficacité de l’EMDR comme thérapie pour soigner le traumatisme psychologique n’est plus à prouver. Je l’avais lu, j’en avais entendu parler dans de nombreux livres, formations, et échanges entre psychologues, quelques patients m’en avaient déjà parlé… C’est tout naturellement que j’ai décidé de m’y former, afin de renforcer ma pratique autour du traumatisme psychologique.

Ce qui m’a le plus frappée pendant cette formation, c’est de voir à quel point thérapie EMDR et thérapie des schémas sont liées, et partent du même postulat. Toutes deux visent à créer des ponts entre traumatisme précoces de l’enfance et difficultés actuelles, en repérant les croyances et donc les schémas de pensée dysfonctionnels qui se sont créés lors de ces évènements traumatiques. Traumatismes et schémas sont les deux faces d’une même réalité. Travailler ses schémas, c’est diminuer l’impact de ses traumatismes, et vice-versa.

Je m’explique.

Trauma et schémas : deux façons de parler de la même blessure

En thérapie des schémas, on travaille sur des convictions profondes et inconscientes qui se forment dans l’enfance, du type « je ne mérite pas d’être aimé.e », « les autres finissent toujours par partir », « je dois être parfait.e pour avoir de la valeur »… Ces schémas s’installent quand nos besoins émotionnels fondamentaux n’ont pas été pas satisfaits dans l’enfance.

La thérapie EMDR et la thérapie des schémas sont d’accord sur le fait que derrière chaque schéma, il y a des souvenirs spécifiques, parfois anodins en apparence, où quelque chose s’est « encodé » d’une certaine façon dans le système nerveux, dans un réseau de neurones dysfonctionnels. Pas forcément un traumatisme avec un grand T, comme une agression ou un accident. Parfois juste : la fois où maman n’est pas venu à mon spectacle de fin d’année, où ma mère a dit, presque sans y penser, que mon frère était « le plus doué », la fois où j’ai été choisie en dernière en sport à l’école primaire...

Ces moments-là, quand ils ne sont pas « digérés » correctement par le système nerveux, restent actifs. Ils continuent d’influencer la façon dont on interprète les situations présentes, comme si une partie de nous vivait encore dans ce moment du passé. C’est exactement ce qu’on appelle un schéma activé.

Pourquoi certains schémas résistent à la thérapie classique


Depuis plusieurs années que je pratique la thérapie des schémas à Tours, j’ai pu observer que certain.e.s patient.e.s comprennent parfaitement leurs schémas, savent d’où ils viennent, peuvent les identifier quand ils s’activent, reconnaissent les comportements qu’ils génèrent… Et pourtant, quelque chose résiste. La charge émotionnelle reste intense, malgré les exercices proposés en thérapie des schémas. Parfois même, ces exercices ne leur conviennent pas. Les réactions automatiques persistent. Et là, la thérapie peut bloquer.

La formation EMDR m’a donné une clé pour comprendre pourquoi. Quand un souvenir traumatique n’a pas été correctement traité, il reste « gelé » dans le système nerveux avec toute sa charge émotionnelle originale. On peut travailler cognitivement autour, comprendre, analyser, restructurer… Mais si la mémoire elle-même reste active, elle continue de se réactiver dans les situations qui lui ressemblent.

C’est la différence entre comprendre que l’alarme incendie est fausse, et réussir à arrêter de sursauter quand elle sonne. La compréhension intellectuelle ne suffit pas toujours à désactiver la réponse automatique du corps.

Ce que l’EMDR fait pour soigner le traumatisme que la thérapie des schémas ne fait pas toujours


La thérapie EMDR ou Eye Movement Desensitization and Reprocessing, a été développée par Francine Shapiro. Elle utilise des stimulations bilatérales (mouvements oculaires, tapotements, sons alternés) pour aider le cerveau à retraiter des souvenirs traumatiques. Ce n’est pas de la relaxation, ni de l’hypnose. C’est une technique structurée qui s’appuie sur les mécanismes naturels de traitement de l’information du cerveau, qui s’opèrent pendant nos nuits : tous les soirs, nos yeux font des mouvements bilatéraux pour traiter les informations de notre journée.

Concrètement : quand on cible un souvenir douloureux avec la stimulation bilatérale, le cerveau peut enfin terminer le travail de traitement qu’il n’avait pas pu faire au moment de l’événement, souvent parce que l’émotion était trop intense, ou parce qu’il n’y avait pas d’espace sécurisé pour le faire.

Ce que j’y vois, dans ma pratique de la thérapie des schémas : l’EMDR peut désactiver la charge émotionnelle des souvenirs qui alimentent un schéma. Quand cette charge diminue, le travail cognitif et comportemental qu’on fait en thérapie des schémas devient plus fluide.

Pour quel.le.s patient.e.ss je vois le plus grand intérêt


Tout le monde n’a pas besoin d’EMDR. La thérapie des schémas seule est souvent suffisante et très efficace, proposant elle-même des exercices spécifiques pour retravailler les traumatismes d’enfance. Mais il y a des profils pour lesquels la combinaison des deux me semble particulièrement pertinente.

Les personnes qui décrivent des réactions émotionnelles intenses et soudaines qu’elles n’arrivent pas à contrôler, comme une colère qui surgit sans prévenir, une tristesse qui submerge, une panique qui s’installe dans des situations qui ne le justifient pas objectivement… Ce sont souvent des réactivations de mémoires non traitées, stockées dans des réseaux de mémoire dysfonctionnels, traumatisés.

Les personnes avec une anxiété chronique et une hypervigilance marquée, dont le système nerveux semble toujours en état d’alerte, qui anticipent constamment le danger, qui ont du mal à se détendre même dans des situations objectivement sûres… Derrière cette hypervigilance, il y a presque toujours des expériences passées où il fallait effectivement être sur le qui-vive, un signal de danger constant.

Les personnes dont les schémas précoces sont alimentés par des traumatismes d’enfance identifiables comme dans le schéma d’abandon ou de carence affective, pas forcément des traumatismes au sens clinique strict, mais des expériences douloureuses répétées, des humiliations, des négligences émotionnelles, des situations d’insécurité chronique. Quand ces souvenirs continuent de « chauffer » en séance malgré un bon travail cognitif, comportemental, et les exercices de thérapie des schémas, l’EMDR peut être la dernière clé.

Les personnes qui ont malheureusement vécu des traumatismes d’enfance du type maltraitance et négligence répétées : la thérapie des schémas peut également ne pas suffire pour démêler tous les traumatismes vécus à répétition. Réécrire chaque scène traumatique peut être trop long, exposant, et fastidieux. C’est là que l’EMDR me paraît également intéressante. Les études scientifiques s’accordent à dire qu’aucune thérapie n’est plus efficace qu’une autre sur ce type de traumatisme ; la meilleure thérapie pour soigner le traumatisme complexe est d’en combiner plusieurs !

Comment ça va se passer concrètement dans mon cabinet à Tours

Je pratique l’EMDR dès maintenant, dans le cadre de ma formation niveau 1, pour les situations qui s’y prêtent. Ce n’est pas une rupture avec mon approche, mais une extension. La thérapie des schémas reste le fil directeur : on identifie les schémas, on comprend leur origine, on travaille les modes. L’EMDR vient en complément, sur des souvenirs spécifiques, quand la charge émotionnelle nécessite ce type de traitement.

Tout cela se prépare et s’adaptera à chaque patient.e. Certaines personnes préfèrent les mouvements oculaires, d’autres les tapotements, d’autres encore les sons alternés. La technique s’ajuste. J’ai d’ailleurs « cassé le PEL » comme dirait l’autre, et commandé du matériel de qualité pour nous aider à effectuer cette thérapie de la manière la plus efficace et confortable possible.

Je travaille également en téléconsultation, et je vous rassure : la thérapie EMDR est compatible avec ce format, et ne nécessitera que quelques ajustements.

Expérimenter l’EMDR en formation

Les formations EMDR incluent une partie d’expérimentation entre participant.e.s. On est à la fois thérapeute et patient.e, à tour de rôle. Je ne m’étendrai pas sur ce que j’ai traversé personnellement, ni sur ce qu’on vécu les collègues.

Je peux dire uniquement dire ceci : expérimenter de l’intérieur ce que vivent les patient.e.s quand iels font ce travail, ça change complètement la façon dont je pratique en séance. Ce n’est plus seulement une technique que je connais théoriquement. C’est quelque chose que j’ai traversé. La formation thérapie des schémas se présentait sous le même format, et cela avait déjà été un moment très marquant dans ma vie. Et ça, je crois que ça compte dans la confiance que vous m’accordez tous les jours.

Pourquoi je suis convaincue de l’intérêt de cette combinaison de thérapie pour soigner le traumatisme

La thérapie des schémas travaille en profondeur sur les croyances, les comportements, les relations. La thérapie EMDR désactive la charge émotionnelle des souvenirs qui alimentent ces schémas. Ensemble, elles touchent les deux niveaux de la souffrance : ce qu’on pense et ce que le corps a retenu.

Ce n’est pas une formule magique, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Cela prend du temps, demande un cadre sécurisant, d’être stabilisé.e, et nécessite d’être prêt.e. Mais, pour les patient.e.s chez qui la thérapie des schémas avançait bien intellectuellement sans suffisamment désamorcer la charge émotionnelle, je pense que cette combinaison peut faire une vraie différence.

Je continuerai à vous en parler ici, à mesure que ma pratique se développe et que j’avance vers le niveau 2 dans six mois.

Vous souhaitez effectuer une thérapie pour soigner le traumatisme via l’EMDR et la thérapie des schémas ? Je reçois en cabinet à Tours centre (avenue de Grammont et rue du Plat d’Étain) et en téléconsultation. Prenez rendez-vous sur Doctolib.

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